LE MONDE 2
08 Mars 2008
Rupert Birch et… n’ont pas eu de crise d’angoisse mais une crise de la quarantaine. Au mot près ils disent la même chose : « Je me suis toujours dit que je ne passerai pas toute ma vie dans la finance. » Quitter la Bourse, c’est dire adieu à un statut social convoité, un confort matériel ahurissant. Pour faire le grand saut il faut avoir des ressources et une idée, une force motrice. Ces deux traders là sont partis à temps pour réaliser un rêve.
Rupert Birch est devenu vigneron. Il a travaillé 20 ans chez Shroeders, l’équivalent anglais de la banque Lazard. L’homme, gentleman britanique
lire plus ...au français impeccable, était directeur de la zone Asie Pacifique quand il a finalement fait ses valises en mai 2000. « Dès que j’ai eu assez d’argent, je suis parti ». Changement de décor, épisode régressif, Rupert atterrit dans les salles de classe de l’université de Dijon, avec son cartable, pour prendre des cours d’œnologie. Neuf mois plus tard, Rupert Birch est l’heureux propriétaire du Domaine de la Brillane, dans les Bouches du Rhône, et de son vignoble de 18 hectares.
Envie de créer
« Dans la finance, j’ai fini par m’ennuyer. On entreprend cent fois, mille fois la même opérati
... retour lire plus ...on, alors que les combinaisons de circonstances sont infinies pour obtenir un bon vin. » Il ajoute : « Intellectuellement, le vin, c’est stimulant. On cherche sans fin ce petit plus ou ce grand plus qui va améliorer la cuvée. » Et puis, le vin est tangible, il accroche la langue, tandis que « le métier de trader n’est pas créateur ». La possibilité de sentir, toucher, voir, est une récompense qu’il juge immense. « Au final, quand ça marche, ça vous procure une joie inconcevablement plus grandes ».
« La Bourse ou la vie » de Nolwenn Le Blevennec … Rencontre avec trois anciens « golden boys
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